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General News Fri, 12 Jul 2019

Abdoulaye Babale nommé PCA de l’université de Maroua

Abdoulaye Babale n’aura finalement « chômé » qu’un an. Limogé le 28 mai 2018 de la direction générale d’Elections Cameroon (Elecam), Abdoulaye Babale vient de renaître de Ses cendres. Alors que des sources dites généralement bien informées l’annonçaient en route pour Kondengui, celui qui a disparu de l’espace publique peu avant sa déchéance de la direction générale d’Elecam resurgit comme président du Conseil d’administration de l’université de Maroua. A la faveur d’un décret du président de la République.

Déjouant ainsi les pronostics qui pouvaient se nourrir principalement des circonstances de son limogeage. Après une guerre larvée de plusieurs mois avec le Conseil électoral d’Elecam, du moins avec Enow Abrams Egbe son président, Abdoulaye Babale avait fini par déserter son bureau. Et courant mai 2018, des employés d’Elecam s’invitent au jeu et pondent un mémorandum réclamant la tête de Babale. Au cours du même mois, le Conseil électoral a tenu une session extraordinaire, pour examiner le cas du Dg contre qui l’instance a conclu à « la gestion opaque et calamiteuse des ressources humaines, matérielles et financières d’Elecam».

Ce qui, aux yeux des membres du Cônseil, a créé un climat « délétère », symbolisé par la «démotivation généralisée» du personnel; et le Conseil lui retire sa confiance. A cinq mois de la dernière élection présidentielle. Du coup, Paul Biya a pris ses responsabilités pour se débarrasser de l’homme qui devait orgariiser sa réélection. Dans la foulée, le bureau de l’ancien «adversaire» d’Enow Abrams Egbe a été mis sous scellés, et la presse a annoncé une information judiciaire à l’encontre de l’homme que des sources disaient en cavale.

Un modèle type des créatures de Biya

C’est un modèle type.des «créatures» de Paul Biya qui ne se sépare presque jamais des siens. Né en 1942 dans le Diamaré, cet originaire de l’Extrême nord a longuement servi le ministère en charge des postes et télécommunications. Gravissant les échelons depuis la fonction d’inspecteur, jusqu’à secrétaire général dont il assure l’intérim peu avant l’accession de Paul Biya à la magistrature suprême. Non sans avoir été directeur des postes et même de la Caisse d’épargne postale. Mais c’est à la Fonction publique que Babale assurera pleinement cette dernière fonction, celle de secrétaire générale, de 1982 à 1983.

Paul Biya le nommera ministre de (’Urbanisme et de l’habitat pour trois ans, puis de (’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, jusqu’en 1990. S’il quitte le gouvernement, il reste membre des conseils d’administration de diverses structures publiques et parapubliques, et même Pca de l’international institute of tropical agriculture (lita). Jusqu’à son arrivée à la direction générale d’Elecam le 21 juillet 2015, en remplacement d’un Sani Tanimou en perpétuelle crise de leadership et de compétence avec Fonkam Azu’u, l’ex président du Conseil électoral d’Elecam.

Mais l’homme nouveau n’y échappera pas. Les portes de la prison seront même annoncées ouvertes. Lui qui est limogé à un moment sensible de la vie de la nation. Pour «faute lourde». Mais un an après, Paul Biya réhabilite son ancien compagnon de route de 77 ans. Loin des polémiques de Yaoundé.

Source: La Nouvelle Expression n°5013