General News of Mon, 11 Feb 20191

Dossier Edgar Mebe Ngo'o et Cie: tout est bouclé sur la table de Paul Biya

Sur un tout autre plan, on aurait parlé de "préliminaires". Pour le cas qui concerne l'ancien tout-puissant ministre de la Défense du Cameroun, on parlera plutôt des prémices de la déchéance. Une interdiction de sortie du territoire à l'encontre de l'homme qui aimait à singer par sa gestuelle le président Cameroun et dont la forfanterie irritait jusqu'à ses propres "amis", cela relève de l'incroyable. Et pourtant c'est vrai.

L'interdiction de sortie signée du responsable de la Division des Enquêtes du Corps Spécialisé d'Officiers de Police Judiciaire, sur instructions du Procureur Général Près le Tribunal criminel Spécial (TCS) qui entend éclaircir l'énigme de l'affaire société Magforce au Cameroun, n'est pas du genre qui y va du dos de la cuillère.

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D'emblée, le document laisse à penser que tous ceux qui gravitent ou ont gravité autour de l'ancien "dauphin" de Paul Biya sont impliqués dans ses rapines présumées. Il en est de sa propre épouse Bernadette, concernée par la mesure (une première) comme d'un certain Colonel Mboutou, officier de l'armée de l'air, ou de l'Inspecteur du Trésor Mbangue Maxime Léonard. Pour avoir côtoyé celui qui a défait des vies et des carrières de personnes et de personnalités aussi bien du temps où il était le chef de la police (Délégué Général à la Sûreté Nationale) que quand il a été nommé ministre du très enviable département de la Défense, croissant ainsi en influence.

Pour qui sait comment se déroule le processus de mise en cage (emprisonnement) des ex-barons du régime, le TCS fait fort en torturant psychologiquement Mebe Ngo'o en ciblant aussi son épouse et ceux qui furent ses proches collaborateurs et acolytes, alors que dans le cas d'espèce, c'est le principal concerné qui est seul mis sous pression avant son emprisonnement, ses proches jouissant de leur liberté d'aller et venir, avec la possibilité d'activer des réseaux de soutien ou de médiation à l'extérieur du pays, ou de convoyer vers l'extérieur (en général dans les paradis fiscaux mondiaux) les fonds, fruits des détournements présumés.

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La suite, on la connait !

Est-ce donc à dire que l'ancien pupille de Paul Biya que l'on soupçone d'être derrière l'emprisonnement de certains anciens ministres qui lui faisaient de l'ombre ou ne le prenaient pas trop au sérieux, à l'instar de Polycarpe Abah Abah (ancien ministre de l'Economie et des Finances) ou la déchéance cinglante de son prédécesseur au ministère de la Défense, Remy Ze Meka, est lui aussi en train de vivre ses derniers instants de liberté ? Tout porte à le croire.

Et pour beaucoup de Camerounais, c'est la justice divine qui s'abattrait ainsi sur l'homme qui est accusé par plusieurs d'avoir assassiné de la manière la plus affreuse le journaliste Jules Koum Koum coupable d'avoir révélé itérativement ses « magouilles » et maquillé ledit assassinat en « grave accident de la circulation, d'avoir fait emprisonner le journaliste Lewis Medjo (journal La détente Libre) qui a perdu en prison l'usage de l'une de ses orielles des suites d'un AVC, et qui, le lendemain de son limogeage du gouvernement, avait fait tabasser, déshabiller et enfermer pendant six heures, dans la cage où sont enfermés ses chiens le journaliste Caristan Isseri, journaliste au quotidien le Jour, pour le punir d'avoir eu le toupet de faire un reportage sur l'ambiance régnant chez un ministre fraîchement répudié du gouvernement.

On dirait que comme la terre, la roue tourne. La chance aussi !

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