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General News Wed, 11 Sep 2019

Retard, immaturités des projets: les raisons de la stagnation du BIP

Retard dans les procédures de contractualisation, non-respect des plans de passation des marchés, immaturité des projets, sont autant d’éléments cités par le Comité national de suivi du Budget d’investissement Public.

Le taux d’exécution physique du Budget d’Investissement Public (BIP) au premier semestre 2019 se situe à 39,25 %, contre 38,37 %, à la même période en 2018. Ce qui traduit une hausse de 0,88 points. En termes d’exécution financière, les chiffres récemment avancés par le Comité National de Suivi de l’Exécution physico-financière affiche 33,90 % contre 46,47 %. Soit une baisse de 12,57 points.

En ce qui concerne l’exécution des projets financés par les ressources externes, la synthèse des données indique que le taux d’exécution physique est de 45,01 % contre 63,39% à la même période l’année dernière, soit une décote de 18,38 points. En matière d’exécution financière, le taux avancé est celui de 45,75 % contre 63,39 % à la même période en 2018, ce qui traduit une baisse de 17,64 points. A l’analyse des données, l’on se rend compte que les performances réalisées, notamment en ce qui concerne les projets financés par les ressources internes, peine à décoller.

Pourquoi l'exécution du BIP stagne

Selon des éléments fournis par le Comité National, la décote observée au premier semestre 2019, est à mettre à l’actif d’un certain nombre de facteurs qui, pour certains, freinent depuis quelques années, la réalisation optimale du BIP. . Il s’agit entre autres «des retards observés dans les procédures de contractualisation des projets ; du non-respect des plans de

passation des marchés et de l’immaturité de certains projets inscrits

dans le BIP ».

Aussi, on dénombre dans cette liste des éléments qui mettent à mal l’exécution du BIP, « l’appropriation insuffisante des réformes des finances

publiques en cours ; des retards observés dans l’exécution physique de

certains projets à financement conjoint en raison de la mobilisation tardive des Fonds de Contrepartie ». A cela s’ajoutent des raisons telles que « la

faible appropriation des nouvelles procédures d’exécution des fonds de

contrepartie et des subventions d’investissement public, conformément à la circulaire no001/C/Minfi du 28 décembre 2018 et,surtout, la crise sécuritaire persistante dans les localités du territoire national ». Pour ce qui est des difficultés liées au mécanisme de suivi de l’exécution des projets,elles reposent sur la « transmission irrégulière des rapports trimestriels sur l’exécution des subventions en investissement; la remontée insuffisante de l’information sur l’exécution des ressources transférées aux Collectivités Territoriales Décentralisées et des subventions en investissement ». L’autre contrainte évoquée par le

Comité National porte sur la « tenue irrégulière des cadres de concertation

autour des autorités administratives ».

Des raisons d'espérer

Toutefois, selon les responsables du ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, tout comme la présidente du Comité National, Rosette Moutymbo, cette faible performance enregistrée au premier semestre est liée au fait qu’elle correspond à la période au cours de laquelle la première étape de contractualisation se met en place. Et que, soutiennent-ils, c’est généralement pendant le second semestre, notamment le troisième et quatrième trimestre que le BIP rentre dans sa phase d’exécution effective. Ces derniers rassurent que grâce aux nombreuses réformes qui sont en cours, la tendance pourra être inversée d’ici à la fin de l’année 2019. Car, arguent-ils, l’ambition demeure celle de retrouver un niveau d’exécution physique similaire aux 96 % enregistrés en 2016 et 2017, et même, à tutoyer les 100 %.

Il convient de rappeler que suite à l’ordonnance du 29 mai 2019, le BIP est passé de 1 327,6 milliards de francs CFA à 1 478 milliards de francs

CFA, soit une hausse de 150,4 milliards. En ressources internes, le BIP est passé de 703 milliards à 710,6 milliards, soit une hausse de 7,6 milliards de francs CFA.

Source: défis actuels