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Business News Sun, 17 Nov 2019

Agonie de Sitrafer : Bolloré, coupable ?

Pourtant promis à un bel avenir, l’entreprise Sitrafer se trouve aujourd’hui dans le gouffre. Par ses manœuvres peu orthodoxes, la grande firme Bolloré s’est arrangée à faire perdre près de 50 milliards Fcfa à cette entreprise, qui ne demandait qu’à servir et à bien servir. De quoi faire piquer une colère noire à l’administrateur directeur général de cette structure, Jacques Bimaï. Face à la presse le 31 octobre dernier, il a fait étalage du chemin de croix ayant conduit à la condamnation à mort de Sitrafer. L’Adg a tenu à faire le point sur l’affaire Sitrafer, sieur Jacques Dimaï contre Camrail du groupe Bolloré. Un échange qui lui a permis de dévoiler les manœuvres de Bolloré contre Sitrafer, de faire montre du préjudice causé, ayant entraîné l’arrêt d’activité de sa structure.

Avant tout, Jacques Bimaï tient à présenter l’histoire du chemin de fer au Cameroun. Celle qui va de la privatisation de la cameroon railways ( Camrail) en Avril 1999, concessionnaire de la filiale française Bolloré. Non sans faire mention à la signature de l’avenant Nº 2 du 04 novembre 2008 entre l’État du Cameroun et Camrail , portant sur un vaste programme d’investissement.

Basses manœuvres

Au moment où le marché de renouvellement de 175 km de voies et ballasts est attribué au groupement Sotrafer/ Sitrafer , lot 1 de 5,6 milliards Fcfa pour sa mise en œuvre, pour Jacques Bimaï, la société dont il a la charge connaît une prospérité appréciable, et est compté parmi les meilleurs entreprises camerounaises par le GICAM . Une situation qui n’était vue du bon œil par certaines entreprises concurrentes dans le domaine ferroviaire. Aussi, Sitrafer serait victime de sa position de privilégié à lui concédé par l’avenant Nº 2 du 04 novembre 2008 par l’État. C’est ainsi, dans le seul dessein de détruire Sitrafer, Camrail a mis en branle un plan machiavélique axé sur les manipulations.

Selon Jacques Bimaï, ces coups bas commencent avec « les déclarations mensongères sur le statut juridique de Sitrafer qui amènent la Banque mondiale à disqualifier et à exclure le groupement Sotrafer/ Sitrafer au motif que Sitrafer serait une entreprise publique au Cameroun. » souligne t – il. Des manœuvres qui ont portées des fruits. Car, Sitrafer a effectivement été exclu de ce marché par la BM suite à ces déclarations ourdies de toute pièce par Camrail0. Même les tentatives de classifications du statut juridique de Sitrafer par les avocats de l’entreprise de Jacques Bimaï seront vaines. L’État saisi sur l’affaire, va réagir en réconfortant la position de Sitrafer, celle d’une entreprise à économie mixte . Le même statut que Camrail qui reçoit également des subventions de l’État camerounais dans le cadre du partenariat secteur public/ privé.

L’Adg ne s’est pas arrêté là. Il rappele le marché Nº 286 / DG/ DPA/ 08 passé après appel d’offre national, pour les travaux de consolidation de la voie ferrée entre Bonabéri et Souza . Sitrafer est retenue pour exécuter ledit marché. Une somme de 50 millions hors taxe va être déposée à Camrail par Sitrafer, représentant 20% de caution. Mais à la grande surprise de L’Adg, les travaux dits très urgents n’ont jamais démarré. Son entreprise choisie pour conduire ces travaux, ne va jamais être notifié pour le lancement. À lui d’observer que « le concessionnaire du chemin de fer au Cameroun a aussi poursuivi ses actions manifestement abusives à l’endroit de Sitrafer. » . Des manœuvres aussi bien mensongère qu’arrogante , ayant provoqué d’énormes pertes à l’entreprise Sitrafer.

Le décombre des dégâts ….bienvenue la liquidation

Camrail du groupe Bolloré est le principal coupable de la liquidation de Sitrafer. Selon Jacques Bimaï, l’exclusion de sa boîte du marché de la BM a engendré d’énormes pertes. C’est ce qui est à l’origine de la cessation d’activité de Sitrafer. Dans cette liste non exhaustive des dommages, Jacques Bimaï énumère les pertes liées au contrat de maintenance qui s’élève à environ 7 milliards, le projet Tramway annoncé par le chef de l’État en 2011 avec des pertes de 8 milliards FCFA pour la phase première, le contrat plan État / Sitrafer élevé à 4 milliards , le marché Bonabéri / Souza avec un manque à gagner de 500 millions et la destruction de l’outil de production de Sitrafer facturé à hauteur de 3 milliards. Ajouté à cela, les autres préjudices. Ceux que Jacques Bimaï evalue à 20 milliards de FCFA. Ceux qui portent sur le préjudice moral, financier et matériel subi par lui-même.

En plus, l’image de marque de l’entreprise est écornée. Son aura et sa propre réputation ventilée. Pour un total de 46 milliards 500 millions de FCFA, à un centime près de 50 milliards de FCFA. En arguant dans un communiqué signé en date du 01er novembre 2019, que « la multiplication des mouvements sociaux et des saisies financières ont conduit à la cessation d’activité de Sitrafer » Camrail , veut se dédouaner du malheur de Sitrafer. Le groupe Bolloré a ainsi balayé du coup toutes ces accusations, en niant toute implication dans la déconvenue de Sitrafer.

Source: afrikinfo.net